Edwin Cuervo (Colombie)

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Edwin Cuervo (Colombie)

Je développe un travail plastique informel où l’organique des formes et des choses sont essentielles. Je mets en place des processus créatifs qui cherchent à sublimer la matière, le vivant et la dimension cyclique de la nature. J’explore les qualités sculpturales qui peuvent permettre à mon propre corps d’être en prise avec l’eau, la terre, l’air, la chaleur et la gravité. J’emplois et mets en scène ces éléments dans des installations, sculptures, vidéos, photographies et performances, qui cherchent à transmettre l’idée paradoxale d’un univers équilibré par le chaos qui le construit, un univers infini, à la fois fragile et limité.

J’utilise des procédés physiques et mécaniques, qui tentent de recréer le mouvement de la vie et d’extraire sa beauté particulière, en me servant des phénomènes naturels tels que flétrissement, rétrécissement, éclatement, dilatation, décomposition et corrosion. Les matériaux choisis réagissent à l’intervention des forces de la nature comme l’air, la pression, la chaleur et le froid. Ce qui génère des formes de création et des corps qui changent de forme et se transforment selon les conditions dans lesquelles ils évoluent. Je cherche à créer des moments de méditation, à propos d’un monde en mouvement, dans lequel nous sommes constamment soumis aux variations séculaires, annuelles, saisonnières ou journalières. Question de temporalité.

L’attachement pour le matériel, pour l’organique des choses, est un principe poétique qui consiste à conférer le même amour aux choses et aux êtres. Philosophie animiste. Je privilège les matières d’origine naturelle et matériaux industriels du monde de la construction: argiles, terres, sables, ciments, chaux, cires, résines, poudres, cendres et poussières. Exploration de la matière elle- même par le moyen de l’espérance mathématique. Cette théorie des probabilités appartenant aux sciences physiques, dit que si l’on répète un grand nombre de fois la même expérience, on obtient le résultat qu’on s’attend à trouver. Il s’agit de l’intuition et l’aléatoire.

De l’acte créatif résultent des formes et des matières instables, périssables, vulnérables, fragiles et organiques, qui s’inscrivent dans un processus de transformation permanente. En jouant avec le macroscopique et le microscopique, je cherche à sublimer la précarité et aspect charnel d’une matière qui sème le trouble, qui nous fait osciller entre attirance et répulsion, et génère ou nous évoque pourtant un univers étrangement familier.

Prélèvements extra-terrestres.

Installation. Dimension variables. Argiles, limailles, ciments, plâtre, sables, cendres. 2013.

S’intéresser aux matériaux et à ses propriétés particulières en restituant à la matière et aux choses tangibles leur valeur rituelle. Rituel étrange, fétichisation des matériaux bruts, terriens, simples, produits de la terre. Retour au degré zéro de la création, à l’immédiateté expressive de l’acte primitif, celui du rapport qu’on a aux choses avec notre corps, nos mains, ce sens qui est le toucher. Afin de s’approprier un matériaux par des réflexes qui matérialisent l’idée.

Big Bang – Explosion originelle cosmologique

Installation. Dimensions variables. Argiles, chaux, latex, pigments, terres, poudres de marbre, sables, résine. 2013

Objets non identifiés. Volumes en suspension. Amas de couleurs. Chahut de formes et de matières. Des êtres qui semblent être en arrêt dans l’espace-temps flottent et créent une tension entre organicité et légèreté, entre textures et matériaux. Des organismes issus d’un big-bang plastique forment un nouveau microcosme. Il s’agit d’un dialogue entre l’homme et la matérialité, entre le spirituel et le matériel.

État d’objets en constante évolution.

Installation. Dimension variables. Acier, verre, latex, chaux, poudres de marbre, sables, faïence, porcelaine. 2014.

Des organismes non identifiés, sans indication de leur provenance nous questionnent sur leurs origines. Vestiges archéologiques? Catastrophe? Fossiles? Formes extra-terrestres? Animaux des abysses? Exosquelettes? Des corps fra- giles se présentent à nous et leur délicatesse est renforcé par ces tables qui semblent fragiles, fabriquées avec des fins tubes d’acier et des plaques de verre. Les formes font écho à l’espace blanc, posant une tranquillité sur le chaos qui les construisent.

Mouvements.

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Un corps en mouvement dévoile un des processus de création, d’un des procédés sculpturales que j’ai établi pendant mes expérimentations matièristes, qui allient éléments volatiles, ici des cendres, à des matières élastiques telles que le latex, qui aide la matière à se rétracter à l’aide de l’air. Cette vidéo propose un moment de contemplation et de méditation sur un univers en perpétuel mouvement. Il s’agit aussi en parallèle, d’une réflexion sur des objets en suspension entre le moment de leur création et le chemin à prendre, tout en explorant les notions de masse et de forme qui nous permettent de nous transporter dans la matière.

Sätze

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Installation vidéo muette. Téléviseurs cathodiques. 3’21’’. 2013

Le mot allemand Sätze désigne les mouvements en musique, le tempo. Ici, différentes formes en mouvement évoluent en temps réel. Des processus de transformation et de formation sont diffusés simultanément: flétrissement, rétrécissement, éclatement, dilatation et décomposition créent différents mouvements. L’absence de sonorité accentue la lenteur des événements et crée une frustration chez le spectateur. Le son devient un fantasme, nous sommes invités à imaginer et recréer la possible musicalité des événements auxquels on assiste. Il s’agit d’établir une connexion entre deux de nos sens: celui de la vue réveille celui de l’ouïe. Notre cerveau se mobilise et chacun se créée sa propre mélodie.

Transmutation thermodynamique

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Vidéo numérique. 4’56’’. 2015.

Le thermostatique est ce qui sert à maintenir la température entre des valeurs prescrites. Ce phénomène invisible qui est la chaleur contribue à garder la stabilité de certaines choses mais contribue aussi à la transformation d’autres.

La transmutation est le changement spontané ou provoqué d’une substance en une autre. C’est aussi le changement des métaux vulgaires en métaux nobles par les procédés de l’alchimie. Cette dernière est l’art de purifier l’impur en imitant et en accélérant les opérations de la nature afin de parfaire la matière.

Il s’agit d’animer l’inerte, de jouer avec l’informel, de répéter des gestes manuels qu’on retrouve dans le travail d’ate- lier, de déclencher la vie et de laisser faire.

Fat Magazine issu C.

8_fatmagazine-x-nicolas-choyerPublication hiver 2012. Crédits images et collaboration: Nicolas Choyé. Photographies argentique. 2012

P 298 EC – Exo

8-1_exosImpression laser couleur. 72 pages. 12 x 24 cm. 2015.

 

Blume der Liebe ( extrait ) .

8-2_etudes-pour-masquesImpression jet d’encre en couleur. 24 pages. 28 x 20 cm. 2015.

 

Actio vestigio no4.

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Installation éphémère in-situ. Sculpture à activer. Dimensions variables. 2014

Ici on assiste à l’association de deux matériaux: la chaux et le latex. Par calcination de la pierre calcaire, on obtient de la chaux. L’hydratation de celle-ci déclenche sa carbonisation et en contact avec l’air, elle va redevenir la roche qu’elle était autrefois. Processus très long qui peut durer plusieurs mois. Le latex, matériau aux propriétés mécaniques et élas- tiques, est obtenu par polymérisation. Le latex visqueux (polymère) se transforme en caoutchouc en contact de l’air. Processus rapide. Le point commun entre ces deux matériaux est l’air. Dans un premier temps, il s’agit de sculpter le vide, de dessiner l’air en ayant comme contrainte l’apesanteur et la gravité. On obtient des volumes qui se trouvent en tension dans l’espace qu’ils occupent et à l’intérieur de leur propre forme. Dans un deuxième temps, ces sculptures à activer déclenchent des mouvements suite à des gestes performatifs. Expérimentation sur les limites des matériaux. Oscillation entre leur pérennité et leur précarité. Entre leur résistance et leur fragilité.

Actio vestigio no7.

Installation éphémère, dimensions variables, chaux, latex. Prix ICART 2016. Espace Pierre Cardin. Paris. 2016.

Le matériaux chaux, matière à la fois solide et réfractaire, a été rendu mou et instable grâce au froid. Sa gélivité le rend instable. Cette installation-intervention révèle le caractère éphémère du matériaux de construction. Des actions qui laissent une trace, en dévoilant la connexion, l’interface et le fonctionnement des volumes. Interventions qui entraînent des mouvements, des évolutions et des changements de forme. Le processus de transformation est accéléré grâce aux gestes performatifs. Les corps s’agitent et nos sens s’éveillent par l’intermédiaire des sculptures à activer, qui modifient la perception de l’espace en déclenchant un événement. Expérimentation des limites du matériaux et oscillation entre pérennité et précarité, entre résistance et fragilité d’une forme sculptural, qui par définition est un objet statique. Ici j’essaye de créer des contradictions entre la notion de sculpture comme image fixe et l’acte performatif. Ce dernier entraîne leur changement de forme et leur disparition, ne laissant que des traces qui se structurent autour du chaos qui les construit.

Materia et Antimateria, 2016.

Installation scanographique. Série de 4 caissons lumineux et 4 impressions jet d’encre sur papier 125g. 90 cm x 120 cm.

Des sculptures scannées sont imprimées sur papier au traceur. Elles prennent vie dans un environnement plongé dans le noir, grâce à des éléments tels que la fumée, la vapeur d’eau et la lumière. Chaque caisson possède son propre dispositif. L’un doté d’une machine à fumée et l’autre d’un vaporisateur d’eau, font évoluer les pièces en les rendant instables et périssables par leur transformation permanente. Un autre caisson est doté d’une lumière qui change de couleur et le dernier d’un stroboscope qui ébloui le spectateur et empêche le visiteur de saisir les détails des formes organiques jusqu’à créer une certaine répulsion, un malaise. Les sculptures devenues fichiers numériques et ensuite tirages photographiques posent le doute sur l’origine et la nature des corps présentés. Ce qui m’intéresse ce sont les processus de création et de transformation des matériaux, qui prennent origine dans un travail plastique informel, où l’organique des formes et des choses sont essentiels tout en jouant avec les supports et les outils de création.

Expirations, 2016.

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Machine à fumée, impression papier, caisson lumineux. 90 cm x 120 cm. Unique de la série Materia et Antimateria. Oeuvre à acti- ver. Ci-dessus: Avant activation, pendant et après.

La pression de la fumée, prisonnière dans le caisson et la chaleur produite par la machine finissent par percer le papier laissant échapper la fumée par le trou formé. L’image de la sculpture scannée prend vie en créant une expiration de fumée. La composition grasse de cette fumée imbibe le papier et le décolore petit à petit, transformant l’image.

Cires sablées.

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Installation. Sortie de résidence de recherche et expérimentation réalisé avec Florent Testa. Atelier Hoche, Marseille. 2016.

Début des recherches autour des matériaux sable et cire d’abeille. On utilise des matières brutes afin de générer des textures et des formes organiques en se servant d’éléments naturelles tels que l’eau, l’air, la pression et la chaleur. Expérimentations en vue de l’installation présentée en Off du Printemps de l’art contemporain 2016 àMarseille.

La couleur des objets en cire varie en fonction de la provenance de la cire d’abeille. La cire des cadres d’apicul- tures usagés est foncée. La cire d’opercule plus jaune est celle que les abeilles déposent sur les alvéoles pour contenir le miel. Elle est renouvelée à chaque récolte

Bac à sable.

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Installation et performance participative, en collaboration avec Florent Testa. Réalisation lors du week-end de La Nuit de l’Instant à Backside Gallery, Marseille. Intervention du public sur une chaîne de production d’objets et volumes en cire d’abeille. Bac à sable, 20 kilogrammes de cire d’abeille, systeme de cuisson pour atteindre 60 °, contenants en plastique, contenants en métal. Dimension et durée variable. 2016

On sculpte, on modèle et on creuse le sable pour créer une sorte de moule dans lequel on va faire couler de la cire d’abeille en fusion. Cette matière va durcir très vite et en quelques minutes on obtient une sculpture. Les visiteurs sont invités à fabriquer des objets en dessinant et creusant sur une plage de sable reconstituée, un bac à sable. Ils coulent
la cire en fusion dans ces formes et recueillent les volumes de leurs expressions quasi instantanément, participant à la création d’une nouvelle installation. Cette accumulation de formes en cire est l’ensemble des volumes réalisés par les visiteurs. Elles nous renvoient à la fois aux natures mortes, à des fossiles ou à des vestiges sous-marins. Elles seront réu- tilisés comme matière première pour la prochaine activation de la performance Bac à sable ou la réalisation d’une autre sculpture.

Extrait de la performance et installation participative Bac à sable

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Cette accumulation de formes en cire est l’ensemble des volumes réalisés par les visiteurs. Ils seront réutilisés comme matière première pour la prochaine activation de la performance Bac à sable. Les visiteurs étaient invités à fabriquer des objets en dessinant et creusant sur une plage de sable reconstituée dans une cour d’immeuble. Ils coulent la cire en fusion dans ces formes et recueillent les volumes de leurs expressions quasi instantanément.

Bac à sable – Réactivation.

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Espace de travail mobile en extérieur. Réalisation d’une sculpture en cire présentée à l’exposition Stase, à la Déviation. Conception et collaboration avec Florent Testa, sur le terrain de la Déviation à l’Estaque, Marseille. 2016.

Astéroïde.

Cire d’abeille, pigments naturels, silice, lumière stromboscopique. 110 x 45 x 50 cm. 2016.

Guidés par la volonté de faire objet, nos pratiques se sont rencontrés en jouant avec de la cire d’abeille liquide sur une plage de sable . La forme et la composition de Astéroïde est imposée par ce procédé de sculpture enfantin qui réuni ici les deux artistes en quête de formes. Cette collaboration prolonge le radicalisme matériel et tech- nique de Florent Testa et l’expression du vivant des mes sculptures organiques.

Site Web Edwin Cuervo

Site Facebook Edwin Cuervo

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