Etienne Aubert, (Uruguay).

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Etienne Aubert

« J’écris depuis mon enfance, des histoires courtes, des poèmes, le plus souvent inspirés du monde qui m’entoure, des gens que je croise. Le fait d’avoir beaucoup voyagé a ouvert mes horizons et mon imaginaire, essayant toujours de comprendre et d’analyser la manière de vivre et de percevoir le monde que peuvent avoir des personnes très différentes aux quatre coins de la Terre.

Mes études de commerce puis mon parcours professionnel dans la logistique, je les ai effectués à l’étranger. Dans une petite ville enneigée du Nord de la Suède, au cœur de la trépidante Bruxelles, dans les ruelles et les grands boulevards de Shanghai, celle qui ne dort jamais.

Depuis trois ans maintenant, je réside à Montevideo, une ville calme au bord de l’immense estuaire du Rio de la Plata qui change de couleurs au gré des jours, un cadre paisible qui me permet de digérer ces années vécues à cent à l’heure et de pouvoir découvrir des cultures attachantes et un monde nouveau pour moi : l’Amérique latine.

J’ai publié mon premier livre de poèmes « Les chemins » en Uruguay en 2014. Il s’agit d’une édition bilingue de poèmes écrits en français. je travaille actuellement sur un recueil de nouvelles en français.  »

I Ajuster son compas

Combien de ponts entre deux mondes
D’hivers et d’étés, de poids sur mon dos
Lorsque le silence froid gronde
Lorsque le soleil brûlait ma peau

Combien d’âmes millénaires
D’esprits juvéniles et de doutes
Combien de lampadaires
Combien de bagages en soute

Dites moi combien j’ai parcouru

Combien de semelles aplaties
Sur le bitume ou sur les fronts
Combien d’êtres sont partis
Comment il a fallu dire non

Combien de pages blanches noircies
De quelle manière, dans quel état
Quelles étaient les dents de scie
Quelles issues pour chaque combat

Dites moi comment j’ai survécu

Combien de matins suspendus
A toiser un monde nouveau
Souriant à chaque rue
A l’arbre, aux cons, aux clodos

I Ajustar el compás

Cuántos puentes entre dos mundos:
Inviernos y veranos pesan sobre mi espalda
cuando el silencio frío ruge,
cuando el sol broncea mi piel.

Cuántas almas milenarias
de espíritu juveniles y de dudas.
Cuántas farolas,
cuánto equipaje en la bodega.

Dime, ¿cuánto he recorrido?

Cuántas suelas he aplastado
sobre el asfalto o las trincheras.
Cuántos seres han partido.
¿Cómo tuve que decir que “no”?

Cuántas páginas blancas entintadas,
¿de qué manera, en qué estado?
¿Cuáles eran los obstáculos?
¿Qué éxitos para cada combate?

Dime, ¿cómo he sobrevivido?

Cuántas mañanas suspendidas
contemplando un mundo nuevo,
sonriendole a cada calle,
al árbol, a los tontos, a los vagabundos.

Combien de nuit sans sommeil
Ecumant les sols des centres
Combien de migraines au réveil
Combien d’aubes lorsque je rentre

Dites mois ce qui était convenu

Combien de mets parfumés
Des jasmins aux baies d’airelles
Que ne furent les palais d’étés
Les couleurs, les tons du ciel

Combien de mouvances profondes
Apesanteurs transpirantes
Comblées d’ardeurs quand je te sonde
«Iris absinthe, pupille absente»

Combien de tragédies alentours
Combien d’humains sous les coupoles
Des dictateurs, tortionnaires sourds
Que se dérègle ma boussole

Combien de fausses pistes, de trappes cachées
Combien de prises, maîtrise de soi
Combien de sentiers détournés
Finalement Route de la Soie

Dites moi ce que je suis devenu

Cuántas noches insomnes
andando las calles del centro.
Cuántas dolores de cabeza al despertar,
cuántos amaneceres en mis regresos.

¿Dime lo que estaba convenido?

Cuántos platos perfumados,
desde jazmines hasta bayas de arándanos.
¿Cómo eran los palacios de verano,
los colores, los tonos del cielo?

Cuántos movimientos profundos:
una ingravidez sudorosa
nos colma de ardor cuando te seduzco
“Iris absynthe, pupilla absente”.[1]

Cuántas tragedias alrededor.
Cuántos hombres bajos las cúpulas
de dictadores, verdugos sordos
que desajustan mi brújula.

Cuántas pistas falsas, trampas escondidas.
Cuántas objeciones de conciencia y autocontrol.
Cuántas sendas desviadas.
Finalmente la Ruta de la Seda

Dime, ¿en qué me he convertido?

XXVIII Des points finaux

On ne peut vivre toutes les vies en une seule
A l’heure des grands choix
Où est passée l’ombre des tilleuls?
Me suis-je dévié du chemin de la soie?

Quand enfin sonne le glas des années
Que ne perdure l’horizon infini
Les couches, les ombres accumulées
Quels sont les tertres? Le soir je reprends vie

Que ne furent les festins
Des années de diner d’Adieu,
Lorsqu’autour de nous les destins
Créaient une course vers les cieux

A l’heure du thé au palais d’hiver
Dans l’ombre tamisée des allées,
D’un bout à l’autre de l’hémisphère
Tous les bonheurs surannés

Tel un arbre millénaire
Les branches gorgées de souvenirs
Alors je quitterai la Terre,
Nul besoin de repentir

XXVIII Puntos finales

No podemos vivir todas las vidas en una sola
A la hora de las grandes elecciones
¿Dónde pasó la sombra de los tilos?
¿Me habré desviado del camino de la seda?

Cuando por fin toca el tañido fúnebre de los años
Que no perdura el horizonte infinito
Las capas, las sombras acumuladas
¿Cuáles son los cerros? En la noche regreso a la vida

Que fueron los festines
Años de cenas del Adiós,
Cuando los destinos que nos circundan
Crearon un rumbo hacia los cielos

A la hora del té en el palacio de invierno
En la sombra tamizada delas veredas
De un extremo a otro del hemisferio
Todos los placeres permanecen

Tal como un árbol milenario
Las ramas ahítas de recuerdos
Entonces dejaré la Tierra

Sin necesidad de arrepentirme

[1] Verso de Serge Gainsburg de Variations sur Marilou que hace referencia al alcohol y la pérdida del sentido en una noche de pasión.

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